| Carnet de Zénon
De paradoxes en apophtegmes |
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| Publi le mercredi 21 juin 2006" Il n'y a pas la moindre sagesse dans ma vie. Pas non plus de folie. Je ne sais pas au juste ce qu'il y a dans ma vie. La vie peut-être, simplement. Et la solitude, sagesse et folie confondues. La solitude occupe ma maison à un point incroyable de sans gêne. Elle ne laisse rien en dehors d'elle, sauf la page blanche. C'est lorsque j'écris que je suis le moins seul. La solitude, quand elle monte dans un couple, est terrible, malfaisante. Quand elle entre chez moi elle est - comment dire : détendue. Elle a ses habitudes, sa place faite. La solitude est une maladie dont on ne guérit qu'à condition de la laisser prendre ses aises et de ne surtout pas en chercher le remède, nulle part. J'ai toujours craint ceux qui ne supportent pas d'être seuls et demandent au couple, au travail, à l'amitié voire, même au diable ce que ni le couple, ni le travail, ni l'amitié ni le diable ne peuvent donner : une protection contre soi-même, une assurance de ne jamais avoir affaire à la vérité solitaire de sa propre vie. Ces gens-là sont infréquentables. Leur incapacité d'être seuls fait d'eux les personnes les plus seules au monde. " Christian Bobin, L'épuisement. Le temps qu'il fait, Cognac 1994, 117 p. Extrait : p. 28, 29, 30. ISBN 2-86853-205-5 Par zénon • 2006-06-21 08:34:40 Permalien | Ajouter un commentaire • Beaux textes |
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